Archive pour 'histoire du chaabi'

Autrefois, les muphtis encourageaient les chanteurs

 

Qui a dit que la religion musulmane renie la musique et le chant ? Cette pensée, qui a fait son entrée en Algérie à la fin des années 1980, continue de faire quelques victimes. Il faut rappeler qu’au début du siècle, le muphti d’Alger, cheikh Mustapha El Kebabti, auteur des célèbres chansons Saraqa el ghosno et Men ybat eyra’ï lahbab, était parmi les plus grands défenseursde la musique andalouse.

Les premières associations culturelles algériennes ont été créées avec l’appui des imams et des muphtis d’Alger. Ne sait-on pas que Omar Racim, qui a consacré la plus grande partie de sa vie à l’enluminure du Coran au niveau de l’imprimerie de Mourad Rodossi et faisait l’appel à la prière dans un style andalou, était un grand peintre ?
Abderrahmane El Djilali aime l’andalou
Plus près de nous, le muphti Abderrahmane El Djilali, qui a produit et animé l’émission religieuse «Ra’y Eddine» pendant plusieurs décennies, aimait écouter la musique, notamment andalouse, et reste proche de plusieurs artistes.
D’ailleurs, il connaissait tellement le chant andalou que l’Office national des droits d’auteur lui avait fait appel, au début des années 1980, pour être parmi les membres les plus importants de la commission chargée de corriger les textes andalous. Cheikh Eddahaoui, qui a été également un animateur à la radio pendant une longue période, était un homme de religion qui n’avait aucun complexe à côtoyer et à plaisanter avec les artistes.
Cheikh Mohamed Eddahaoui était, par ailleurs, le neveu du savant syrien cheikh Saïd Ramadhan El Bouti. Il est à noter aussi que beaucoup de nos artistes étaient et sont de très bons religieux. On peut signaler le cas de Hassan El Hassani, qui était un pratiquant n’ayant jamais oublié de faire sa prière à l’heure, même pendant les tournées théâtrales et les tournagesde films.
La plupart des premiers poètes du melhoun et du hawzi étaient de grands hommes de religion. C’est le cas de Sidi Boumediene, Ben M’saïb et Sidi Lakhdar Benkhlouf qui reste le meilleur exemple pour montrer que les religieux ont toujours mis à profit les belles voix, les belles mélodies et les musiques pour mettre en valeur les textes traitant de religion, d’amour ou d’autres sujets sociaux.
Bien que la plus grande partie de ses qaçaïd sont dédiées au prophète Mohammad (QSSSL), Sidi Lakhdar s’est transformé en véritable historien en écrivant Qesset Mezeghran, un long poème de 400 vers dans lequel il met en image l’histoire de la bataille de Mazagran au mois d’août 1558, entre les Espagnols et le

chef

de la marine algérienne Hassan Agha, le fils du célèbre Kheireddine.
Sidi Lakhdar Benkhlouf, qui vivra 125 ans, a appris le Coran dans une zaouïa près de 
Mostaganem et s’est imprégné de cette éducation soufie qui prône l’écoute de l’autre et encourage les gens à montrer leur joie lors des fêtes, notamment religieuses et familiales.
Les muphtis invités d’honneur
Dans les zaouïas, on assistait à des soirées où des chanteurs accompagnés par les qessadine (chorale) semaient la joie autour d’eux tout en chantant des textes sur la Kaâba, le Prophète (QSSSL). A 
AlgerBlidaMédéa et Cherchell, la majorité des imams et muphtis étaient les invités d’honneur lors des fêtes de mariage ou autres animées par des soirées musicales.
D’ailleurs, le muphti Mustapha El Kebabti, qui est l’auteur de beaucoup de poèmes, avait lui-même encouragé les artistes à bien garder le patrimoine culturel andalou. C’est justement en se déplaçant entre Bab El Oued et Bouzaréah, où il devait assister à une soirée à Sidi M’hamed Mejdouba, que le muphti avait écrit la belle chanson Saraqa el ghosno.
L’ancien président de l’association El Mossilia, Sid Ali Ben Mrabet, était lui-même un élève du muphti Baba Amer, enterré à Sidi M’hamed, à la mosquée de Kouba.
Dans un passé récent, tous les imams et muezzins, notamment du rite hanafi, préféraient les airs andalous en lisant les sourates du Coran et lors de l’adhan (appel à la prière). Le muphti Baba Amar, qui a été témoin aux côtés du muphti Tchanderli pour l’islamisation du cithariste Benoît Lafleur, ne lui avaient jamais déconseillé la pratique de la musique puisqu’ils étaient eux-mêmes des mélomanes.
Sami Youssef,une star religieuse
Aujourd’hui, il y a une nouvelle vague d’artistes ayant compris qu’on peut facilement être un bon religieux tout en continuant à chanter et à pratiquer l’art, notamment la musique. Au niveau mondial, le chanteur Sami Youcef fait fureur avec ses chansons destinées à un public jeune.
En Algérie, une grande partie des chanteurs, notamment andalou, chaâbi et malouf, ne trouvent aucune difficulté à montrer leurs capacités vocales et instrumentales.
L’un des meilleurs exemples est le chanteur Cheikh Ghafour, qui serait proche de la confrérie Hibria de Cheikh Belkaïd et dont le père était un cheikh de la Zianiya. Le portrait de ce dernier se trouve à la zaouïa de Kenadsa, à 
Béchar.
L’intérieur de cette zaouïa, dont la bibliothèque est bien gérée par le professeur Tahiri, est décoré par les portraits des chefs de confrérie, mais aussi de chanteurs et musiciens de la région de 
Béchar. Il serait si beau qu’un jeune imam fasse la surprise en obtenant un disque d’or tout en continuant à diriger la prière du vendredi.

agra tarikhak ya meghrour


السلام عليكم أقرا تاريخك يا مغرور

هذه القصيدة للشيخ مصطفى بن لكبابطي الذي نفاه الماريشال بيجو من الجزائر سنة 1843.

ولد مصطفى بن لكبابطي سنة 1769 بالجزائر و كان مفتيا على مذهب المالكية في الجامع الكبير (ساحة الشهداء حاليا) أثناء حكم الداي حسين.
في سنة 1840 أراد بيجو الذي كان حاكما للجزائر إدخال اللغة الفرنسية في المدارس القرآنية و وضع أملاك الحبوس أو الوقف الإسلامي تحت سلطة الإدارة الاستعمارية، فاتخذ الشيخ بن لكبابطي موقفا صارما ضد هذا القرار مما أدى إلى نفيه مع ابنه إلى مارسيليا ثم إلى تولون. طلب الشيخ بن لكبابطي من السلطات الفرنسية السماح له بالتوجه إلى بلد إسلامي، فقبلت و عاش في القاهرة ثم في الإسكندرية مدرسا للقرآن الكريم حتى وافته المنية سنة 1860 حيث دفن بمقبرة أبو العباس المرسي بالإسكندرية.
أما الاستخبار فهو للشيخ سيدي بومدين من تلمسان و الذي تقول أبياته:

متى يا كرام الحيين عيني تراكم
و أسمع من تلك الديار ندائكم
أمر على الأبواب من غير حاجة
لعلي أراكم أو أرى من يراكم
سقاني الهوى كأسا من الحب صاف
و يا ليته لما سقاني سقاكم

هاد لقصيدة على حساب علمي قليل اللي خدمها على كل حال معروف غير قروابي الله يرحمو بيها

histoire du chaabi ( 2 )

♥ Le Chaàbi & La Musique Algeroise ♥

Biographie

chaabi signifie « populaire » en arabe (chaab =peuple »), c’est l’un des genres musicaux les plus populaires d’Algérie, il faut comprendre par populaire comme genre commun ou comme genre par défaut qui constitue le versant « rugueux » de la musique savante issue de la culture arabo-andalouse.

En parallèle du Medh qui est l’ancêtre du Chaâbi, Alger, possédait déjà un autre genre musical populaire

très élaboré qu’on appelle âaroubi et qui puise ses modes dans la musique arabo-andalouse. Au temps de Cheïkh Nador, il y avait une pléiade d’artistes  » Meddah  » (interprète du Medh) tels que Mustapha Driouèche, Kouider Bensmain, El Ounas Khmissa, Mohamed Essafsafi, Saïd Derras (le concurrent de Cheïkh Nador), Ahmed Mekaïssi, Saïd Laouar, Mahmoud Zaouche… mais on n’a retenu de leur art que quatre enregistrements du meddah Malek Saïd qui datent de 1924. Au début du vingtième siècle, il existait déjà une tradition dans les fumeries de la Casbah qui consistait à interpréter des istikhbar dans les modes sika et sahli tout en s’accompagnant d’un Guember . A l’origine el medh se pratiquait avec instruments à percussion et instruments à vent, accompagnés surtout de textes panégyriques (Medh). C’est le meddah Kouider BENSMAÏN (le fils du poète et Meddah, Mohamed BENSMAÏN, dont les textes sont interprétés jusqu’à nos jours) qui a été le premier à introduire les instruments à cordes dans les orchestres du Medh. On a alors commencé à adapter les textes interprétés aux modes andalous de l’école Algéroise tout en travaillant la forme et l’orchestration, cela remonte aux années 1920. Ce n’était pas la forme musicale la plus appréciée, ni la plus écoutée, parce qu’elle utilisait la plupart du temps des textes du Melhoun d’origine étrangère dont le contenu était souvent anachronique et ne reflétait pas les événements socio-historiques qu’a connus l’Algérie. Le Medh était confiné dans la casbah d’Alger surtout dans les fumeries, peu à peu les artistes ont commencé à se produire dans les cafés arabes d’Alger durant le mois sacré du RAMADHAN. C’est bien El Hadj M’hamed El Anka , l’élève de cheïkh Nador, qui a remis le medh au goût du jour. Son interprétation était percutante et sa diction atypique, même son jeu de mandole était captivant, d’ailleurs c’est lui qui a introduit dans les orchestres du Medh le mandole typiquement Algérien que nous connaissons aujourd’hui. A ses débuts, il se produisait dans les fumeries où les jeunes de sa génération venaient apprécier son art. Son nom de scène était  » M’hamed El Meddah  » mais les maîtres de l’arabo-andalou l’appelaient cheïkh  » EL Harras  » (le casseur) car il avait une manière inhabituelle d’interpréter l’istikhbar ou l’insiraf. En 1946, EL BOUDALI Safir a donné au Medh le nom générique de populaire mais ce n’est qu’en 1964 (après l’indépendance de l’Algérie), lors du festival des arts populaires qu’il a pris la dénomination officielle et définitive de chaâbi et ce, dans toutes les langues.

C’est grâce à deux artistes de génie en les personnes de Mahboub BATI (auteur-compositeur) et Dahmane El Harrachi (auteur-compositeur-interprète, qui a fait toute sa carrière artistique en France) que le chaâbi s’est modernisé en devenant un genre musical écouté aux quatre coins du pays. Ils ont su le populariser en l’Algérianisant définitivement. Avec eux, les chansons sont écrites dans la langue Algérienne et leurs thèmes se rapportent généralement à la vie de tous les jours( quoique le genre de Dahmane el HARRACHI est plus développé). Sur le plan musical, ils ont apporté la fraîcheur qui manquait tant au chaâbi. La musique de Mahboub BATI est reconnaissable à ses fioritures. Avec Dahmane El HARRACHI (de son vrai nom AMRANI Abderrahmane), c’est la mélodie qui prime. L’exemple de la chanson ya rayah est très édifiant à ce propos, bien que composée dans le mode musical Sahli, il a su lui donner un cachet universel. L’évolution du Chaâbi qui se pratiquait à Alger doit beaucoup à Mahboub BATI (de son vrai nom Mahboub SAFAR BATI) qui, à lui seul, a réussi à mettre beaucoup de chanteurs chaâbi sur le devant de la scène. Sans ce monument de la musique Algérienne la notoriété des chanteurs, de la fin des années soixante et le début des années soixante-dix, n’aurait jamais dépassé le cercle restreint des fêtes familiales algéroises. C’était l’époque où l’on s’accrochait toujours aux anciens textes du melhoun tout en sacrifiant la réalité immédiate. Des chanteurs comme: Hachemi EL GUEROUABI, Boudjemaâ EL ANKIS, Amar EZZAHI, Amar EL ACHAB se sont faits d’abord connaître hors d’alger grâce aux chansons composées par Mahboub BATI et c’est de cette manière qu’ils ont pu faire passer le reste de leurs répertoires respectifs constituaient d’anciens textes de poésie populaire (melhoun).

Le ‘ chaâbi ‘ utilise pour ses compositions les modes musicaux suivants: Moual, Zidane, âraq, Ghrib, Jarka, Reml maya, Sika,. Mezmoum, Sahli.

Histoire de la musique Chaabi

Histoire de la musique Chaabi Ce genre musical né dans la casbah, qui mêle instruments orientaux du classique arabo-andalou à d’autres venus d’Occident. Le chaâbi naît au début du XXe siècle au coeur de la casbah, à Alger. Chaâbi veut dire « populaire » en arabe. Ce genre national constitue le versant rugueux de la musique savante issue de la grande culture arabo-andalouse médiévale. Les premiers musiciens de chaâbi sont des gens des campagnes venus peupler les villes. Beaucoup sont kabyles. Les maîtres de cet art relativement récent ont pour nom Cheikh Nador, puis Cheikh El Hadj Mohamed El Anka et aussi Cheikh Hasnaoui (qui vient de mourir à lîle de la Réunion).

Après la vague dimmigration des Maghrébins, venus en France pour trouver du travail, le chaâbi gagne Paris via Marseille. Il se chante et se joue dans les bistrots des banlieues industrielles. Dahmane El Harrachi (1925-1980) – dont le fils Kamel (vingt-huit ans) est le ténor incontesté des années cinquante quand le chaâbi sadresse en priorité aux Algériens loin de chez eux. Dahmane El Harrachi chante lexil intérieur et lexil extérieur, les difficultés de la vie quotidienne loin de la mère patrie, les tourments de l’amour, la nostalgie du bled.

El Harrachi, qui a quitté Alger pour sinstaller en France en 1949, meurt dans un accident de la route. Le chaâbi, sans disparaître tout à fait, marque le pas. Dans les cafés de la ceinture parisienne, il résiste cependant et les amateurs prennent lhabitude de se retrouver le samedi soir à Montreuil.

L’explosion du raï lui porte ombrage, mais depuis quelques années, de jeunes gens reprennent le flambeau. Kamel El Harrachi, par exemple, est de ceux-là. Il est joueur de mandole. Né à Alger après lindépendance, il réside en France depuis six ans.

Le chaâbi mêle les instruments orientaux du classique arabo-andalou à dautres venus du classique occidental. On y trouve le derbouk (percussions) et le tambourin, mais aussi le mandole (sorte de grosse mandoline aux sonorités de guitare, munie de quatre cordes doubles en métal), le violon et bizarrement le banjo, sans oublier le piano. Alger est réputée pour ses pianistes et ses accordéonistes.Les joueurs de chaâbi utilisent toujours leur violon à la verticale comme ils maniaient, jadis, le gimbri qui n

a plus court. Quant au mandole, il a remplacé l’oud, le luth moyen-oriental. Il n’est pas rare d’entendre aussi le piano à bretelles. En revanche, aucun instrument électrique nest admis, hormis parfois le clavier (pour les quarts de ton), à linverse du raï, né à Oran. Les chants du chaâbi, portés par lidiome algérois ou berbère, se nourrissent de poésie ancienne mais aussi de textes originaux fiévreusement actuels. Avec, toujours en toile de fond, lécho du patrimoine, la plainte ancestrale, le pays qui vous manque. Selon le musicien et joueur dukulélé Cyril Lefebvre, « les gens attaquent fort, sexpriment violemment, ce qui rapproche à certains égards le chaâbi du blues ». Le chaâbi va, à coup sûr, casser la baraque !

Résumé de l’article de l’Humanité par Muriel Steinmetz.

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