histoire du chaabi ( 2 )

♥ Le Chaàbi & La Musique Algeroise ♥

Biographie

chaabi signifie « populaire » en arabe (chaab =peuple »), c’est l’un des genres musicaux les plus populaires d’Algérie, il faut comprendre par populaire comme genre commun ou comme genre par défaut qui constitue le versant « rugueux » de la musique savante issue de la culture arabo-andalouse.

En parallèle du Medh qui est l’ancêtre du Chaâbi, Alger, possédait déjà un autre genre musical populaire

très élaboré qu’on appelle âaroubi et qui puise ses modes dans la musique arabo-andalouse. Au temps de Cheïkh Nador, il y avait une pléiade d’artistes  » Meddah  » (interprète du Medh) tels que Mustapha Driouèche, Kouider Bensmain, El Ounas Khmissa, Mohamed Essafsafi, Saïd Derras (le concurrent de Cheïkh Nador), Ahmed Mekaïssi, Saïd Laouar, Mahmoud Zaouche… mais on n’a retenu de leur art que quatre enregistrements du meddah Malek Saïd qui datent de 1924. Au début du vingtième siècle, il existait déjà une tradition dans les fumeries de la Casbah qui consistait à interpréter des istikhbar dans les modes sika et sahli tout en s’accompagnant d’un Guember . A l’origine el medh se pratiquait avec instruments à percussion et instruments à vent, accompagnés surtout de textes panégyriques (Medh). C’est le meddah Kouider BENSMAÏN (le fils du poète et Meddah, Mohamed BENSMAÏN, dont les textes sont interprétés jusqu’à nos jours) qui a été le premier à introduire les instruments à cordes dans les orchestres du Medh. On a alors commencé à adapter les textes interprétés aux modes andalous de l’école Algéroise tout en travaillant la forme et l’orchestration, cela remonte aux années 1920. Ce n’était pas la forme musicale la plus appréciée, ni la plus écoutée, parce qu’elle utilisait la plupart du temps des textes du Melhoun d’origine étrangère dont le contenu était souvent anachronique et ne reflétait pas les événements socio-historiques qu’a connus l’Algérie. Le Medh était confiné dans la casbah d’Alger surtout dans les fumeries, peu à peu les artistes ont commencé à se produire dans les cafés arabes d’Alger durant le mois sacré du RAMADHAN. C’est bien El Hadj M’hamed El Anka , l’élève de cheïkh Nador, qui a remis le medh au goût du jour. Son interprétation était percutante et sa diction atypique, même son jeu de mandole était captivant, d’ailleurs c’est lui qui a introduit dans les orchestres du Medh le mandole typiquement Algérien que nous connaissons aujourd’hui. A ses débuts, il se produisait dans les fumeries où les jeunes de sa génération venaient apprécier son art. Son nom de scène était  » M’hamed El Meddah  » mais les maîtres de l’arabo-andalou l’appelaient cheïkh  » EL Harras  » (le casseur) car il avait une manière inhabituelle d’interpréter l’istikhbar ou l’insiraf. En 1946, EL BOUDALI Safir a donné au Medh le nom générique de populaire mais ce n’est qu’en 1964 (après l’indépendance de l’Algérie), lors du festival des arts populaires qu’il a pris la dénomination officielle et définitive de chaâbi et ce, dans toutes les langues.

C’est grâce à deux artistes de génie en les personnes de Mahboub BATI (auteur-compositeur) et Dahmane El Harrachi (auteur-compositeur-interprète, qui a fait toute sa carrière artistique en France) que le chaâbi s’est modernisé en devenant un genre musical écouté aux quatre coins du pays. Ils ont su le populariser en l’Algérianisant définitivement. Avec eux, les chansons sont écrites dans la langue Algérienne et leurs thèmes se rapportent généralement à la vie de tous les jours( quoique le genre de Dahmane el HARRACHI est plus développé). Sur le plan musical, ils ont apporté la fraîcheur qui manquait tant au chaâbi. La musique de Mahboub BATI est reconnaissable à ses fioritures. Avec Dahmane El HARRACHI (de son vrai nom AMRANI Abderrahmane), c’est la mélodie qui prime. L’exemple de la chanson ya rayah est très édifiant à ce propos, bien que composée dans le mode musical Sahli, il a su lui donner un cachet universel. L’évolution du Chaâbi qui se pratiquait à Alger doit beaucoup à Mahboub BATI (de son vrai nom Mahboub SAFAR BATI) qui, à lui seul, a réussi à mettre beaucoup de chanteurs chaâbi sur le devant de la scène. Sans ce monument de la musique Algérienne la notoriété des chanteurs, de la fin des années soixante et le début des années soixante-dix, n’aurait jamais dépassé le cercle restreint des fêtes familiales algéroises. C’était l’époque où l’on s’accrochait toujours aux anciens textes du melhoun tout en sacrifiant la réalité immédiate. Des chanteurs comme: Hachemi EL GUEROUABI, Boudjemaâ EL ANKIS, Amar EZZAHI, Amar EL ACHAB se sont faits d’abord connaître hors d’alger grâce aux chansons composées par Mahboub BATI et c’est de cette manière qu’ils ont pu faire passer le reste de leurs répertoires respectifs constituaient d’anciens textes de poésie populaire (melhoun).

Le ‘ chaâbi ‘ utilise pour ses compositions les modes musicaux suivants: Moual, Zidane, âraq, Ghrib, Jarka, Reml maya, Sika,. Mezmoum, Sahli.

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