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Archive pour le 14 novembre, 2010

ya sah zarni mahboubi

Traduction rimée de « ya sah zarni mahboubi el barah kount saim » de Mohamed Benslimane. bonne lecture

Le tonnerre

Vint un soir ma belle, je faisais le jeûne,

Je cueillais rose et miel, l’on dit qu’il déjeune !

Eperdu, je m’écrie que ne l’ai-je donc fait !

Que malade rompe jeûne, est-ce un forfait ?

Le tonnerre gronde, les averses se déversent,

L’éclair dégaine son sabre et bouleverse

L’ordre parfait des gouttes et défait leurs tresses.

Le vent tourbillonnant sème la détresse,

L’arc-en-ciel rassemble ses troupes d’assaut,

Et d’ondées inonde les contrées à pleins sceaux.

Il n’y a qu’Elle que mon coeur vénère,

Mais après ce déluge tout devint vert.

Les fleurs des champs embaument l’atmosphère,

C’est le printemps joie sublime de l’univers.

Nul ne peut le décrire, drapé de velours,

Souriant et ardent, il emplit d’amour

Les fleurs. Les oiseaux chantent la sérénade,

Au jardin l’abeille en pleine parade,

Distille miel, et de fleur en fleur gambade.

Son absence me hante et mon âme est si lasse

Transi par l’amour mon fardeau est lourd hélas !

Mais le remède est aujourd’hui à ma portée

Comment puis-je donc attendre et patienter ?

Qu’elle me revienne et voici que mes maux s’envolent,

Je suis dans l’extase, plus rien ne me désole.

Aucun être ne m’emplit de tant de bonheur

Comment puis-je tromper sa magique splendeur ?

Je suis le Roméo du siècle ! O censeur !

Son charme s’est accaparé de mon âme,

Le sabre de la passion fait couler mes larmes,

De souk en souk j’erre et je vagabonde,

Parfois, pâmé, parfois, conscience profonde

Et souvent même on me prendrait pour ivre

Ainsi va l’amour, accepte le pour survivre !

Que n’ais-je veillé pendant que tu sommeillais !

Que de larmes versées par mon cœur effeuillé !

Que de fois n’ai-je à tes pieds jeté mon turban.

Te priant te suppliant, le cœur flambant.

Même un cœur d’impie aurait pactisé !

je n’ai cessé de supplier, rien n’y faisait.

Je suis transi corps et âme mais !e Seigneur

De notre sort n’est-il le prescripteur?

Et même mes astuces n’ont plus de prise

Je suis martyrisé I Pourquoi je m’épuise ?

Je vogue depuis si longtemps dans les mers.

Ce matin les vents se sont montrés moins austères,

Mes émois me font échouer sur la terre pleine.

Capitaine recherchant sa souveraine.

Jette l’ancre, et les sirènes martèlent.

La foule s’écrie c’est le capitaine untel !

J’en fus ébloui mais mon sort était scellé.

Tous en parlaient, mon secret s’était envolé.

J’ai bon cœur mais n’aime guère les rancœurs,

Dame nature m’a bien doté de douceur.

Mais où peux-tu donc trouver pareille espèce ?

Faut-il alors attendre que je disparaisse

Pour que mes critiques sombrent dans le remords !

Je prêche la bonté je ne fais point de torts.

je jeûne et je n’ai jamais roulé personne.

Bien sûr, il y’a les vers que je façonne,

Mais Dieu est grand, qu’il veuille bien me pardonner.

Car je serai, sans Sa clémence, un damné.

A haute voix j’implore Son Auguste Empire

Qu’il absout les torts passés et ceux à venir.

Seigneur ! Fais que je sois dans le droit chemin,

Redresse mes torts, bénis mes lendemains.

Lecteur ! Appesantie le fardeau des bestiaux !

Méfie-toi des âneries des pauvres idiots !

J’écris ces vers à l’aide d’un sabre tranchant,

S’en iront trébuchant les rebelles et les méchants.

Comment peuvent-ils se targuer de subtils ?

J’ai placé à tous les coins mes cerbères hostiles.

Qui osera me nuire est voué au supplice,

Je détiens entre les mains les quatre trisses*

Mais aussi leurs dos* et bien sûr les deux as,

J’étalerai mes cartes sans dire je passe.

Prends cette ode façonnée à ma manière

Tissée de mes mains de texture légendaire,

Prends la donc, elle est splendide et sublime,

Elle est drapée de délices rarissimes.

Aussi l’ai-je baptisée miel du riad

De Benslimane, je garantie des ruades

A quelques-uns, et un gros essaim d’aiguillons

Aux traîtres perfides néfastes
trublions.

Aux bonnes gens mon salut enrobé d’iris,

De musc, d’encens, de parfums de
délice.

-FIN-

*Dans le jeu de cartes appelé « tutti » ou
« trisse », les cartes portant les numéros 3 –tresse-, 2 –dos-, 1
–as- sont les plus prisées

Référence : « Le Melhoun dans la langue de
molière ». Fouad Guessous

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